La Lettre du DAF

Le carnet des directions financières de PME et d'ETI

DAF de transition : dans quels cas, sous quel contrat, quel prix

Vacance, clôture, opération, transformation ou temps partiel : quand recourir à un DAF de transition, sous quel statut et comment en apprécier le coût.

17 octobre 2026 · 5 min de lecture

Une direction financière ne s'arrête pas quand son titulaire part. La paie tombe, les échéances fiscales aussi, la banque attend son reporting et l'arrêté des comptes garde sa date. Quand le poste se libère sans successeur prêt, ou quand un chantier dépasse ce que l'équipe en place peut absorber, une solution consiste à confier la direction financière, pour une durée bornée, à un directeur financier expérimenté qui n'est pas salarié de l'entreprise.

Six situations qui s'y prêtent

Les cas de recours se ressemblent d'une entreprise à l'autre.

Une vacance soudaine. Un départ, un arrêt, une rupture : la direction financière continue, la clôture aussi. Un DAF de transition tient le poste jusqu'à l'arrivée du successeur.

Le temps de recruter. Un recrutement de DAF en CDI se compte en mois, préavis compris. La loi ne fixe pas la durée du préavis de démission : elle dépend le plus souvent de la convention ou de l'accord collectif applicable, à défaut du contrat de travail ou des usages (Service Public). Ajouté à la durée de la recherche, ce délai peut dépasser l'échéance que l'entreprise doit tenir.

Une clôture ou un audit à sécuriser. Arrêté annuel, consolidation, travaux avec les commissaires aux comptes, changement de normes : l'intérêt est de confier l'échéance à quelqu'un qui l'a déjà tenue ailleurs.

Une opération. Levée de fonds, cession, acquisition, carve-out : la data room, le business plan et la relation bancaire demandent une disponibilité que le DAF en place n'a pas toujours en plus de la gestion courante.

Une transformation. Changement d'ERP, nouvel outil de reporting, équipe à structurer : une mission bornée, avec un objectif et une date de fin.

Un besoin plus léger qu'un temps plein. Une PME dont la taille ne justifie pas un DAF à temps plein peut avoir besoin d'un pilotage financier de ce niveau quelques jours par semaine.

Trois formats, un même profil

Le marché distingue trois formules, qui changent le rythme et la durée plus que le niveau du profil.

  • Le DAF de transition travaille à temps plein, pour une durée bornée et un objectif précis : tenir le poste, passer une clôture, conduire une opération. La fin de mission est prévue au départ.
  • Le DAF à temps partagé intervient quelques jours par semaine, dans la durée, pour une entreprise dont la taille appelle un temps partiel.
  • La direction financière externalisée désigne le cas où ce DAF à temps partagé conduit aussi l'équipe comptable, ou le cabinet d'expertise comptable, et porte le pilotage : trésorerie, reporting, relation bancaire. Son rôle reste distinct de celui de l'expert-comptable : il apporte une direction, pas la tenue des comptes.

Le choix tient d'abord à la nature du besoin. Un objectif daté, comme une clôture ou une cession, appelle une mission à temps plein. Un besoin permanent mais partiel appelle le temps partagé. Mélanger les deux conduit à payer un temps plein pour une charge intermittente, ou à confier une échéance critique à quelqu'un présent deux jours par semaine.

Sous quel contrat

Le DAF de transition n'est pas un salarié de l'entreprise. Il intervient le plus souvent en indépendant, via sa société ou une entreprise individuelle, ou en portage salarial. Dans les deux cas, l'entreprise signe un contrat de prestation : la période d'essai et le préavis laissent la place à une fin de mission convenue.

Le portage salarial obéit à des règles précises, que rappelle le Code du travail numérique :

  • c'est une relation tripartite : le consultant signe un contrat de travail avec une entreprise de portage et effectue une prestation pour l'entreprise cliente ;
  • il doit justifier au minimum d'une qualification de niveau 5 (bac + 2) ou d'au moins trois ans d'expérience dans le même secteur ;
  • l'entreprise cliente ne peut y recourir que pour des tâches occasionnelles ne relevant pas de son activité normale et permanente, ou pour une prestation ponctuelle nécessitant une expertise dont elle ne dispose pas ;
  • la durée de la prestation est limitée à trois ans, soit 36 mois.

Ce dernier point mérite attention pour le temps partagé. Une mission de direction financière à temps partiel qui se prolonge d'année en année doit rester compatible avec ces conditions. Au-delà, il peut être plus simple de recruter, éventuellement à temps partiel, ou de travailler avec un indépendant sous contrat de prestation classique.

Comment apprécier le coût

Le DAF de transition se paie au taux journalier, fixé au départ avec le profil, la durée et le rythme. Pour l'apprécier, le point de comparaison naturel est ce que le même directeur financier gagnerait en CDI. La grille publiée par Entourage Recrutement dans l'édition 2027 de son baromètre situe un DAF de PME de moins de 50 M€ de chiffre d'affaires entre 80 et 110 k€ brut annuel, un DAF d'ETI de 50 à 500 M€ entre 110 et 180 k€, et un CFO de grand groupe ou de scale-up internationale entre 180 et 300 k€ et plus.

Le taux journalier est plus élevé qu'un salaire ramené au jour. L'indépendant porte lui-même ses charges, ses congés et ses périodes sans mission. En contrepartie, l'engagement de l'entreprise s'arrête avec la mission : ni indemnité de rupture, ni poste à supprimer quand le besoin disparaît. La comparaison pertinente est donc moins le coût d'une journée que le coût total de la solution sur la période, rapporté à ce qu'elle évite : une clôture manquée, un covenant non suivi, une opération retardée.

Enchaîner transition et recrutement

Beaucoup de missions s'arrêtent le jour où le DAF recruté en CDI prend son poste. La séquence est courante : la mission tient la fonction pendant la recherche, puis assure la passation. Elle présente aussi un avantage : le DAF de transition voit le poste tel qu'il s'exerce, ce qui peut servir à définir le profil à recruter.

Deux précautions rendent la séquence plus sûre. La première est de fixer, dès le départ, l'objectif et la date de fin de la mission, même provisoire, pour que chacun sache ce qui sera transmis et à quel moment. La seconde est de prévoir les conditions dans lesquelles le manager de transition pourrait être recruté, si les deux parties le souhaitent, plutôt que de découvrir la question en cours de route.

Les situations de recours, les trois formats et la façon de fixer le taux sont détaillés sur la page consacrée au DAF de transition et au DAF à temps partagé. Quel que soit le format retenu, la décision se prend sur une description claire de ce que la mission doit avoir accompli à sa fin.

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